Né à la Humière près de.... (Orne)

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Né à la Humière près de.... (Orne)

Histoire du CHATEAU DE LA ROUERIE ou il réside

Ce n'est pas sans une émotion nouvelle que nous mettons pied à terre devant cette belle construction du XVIIIe siècle, où naquit, se développa et s'organisa la « conjuration bretonne » de 1793.
Si elle eût réussi, qui sait si l'histoire du monde n'aurait pas été changée ?

Le vieux manoir semble deviner notre sympathie. Il se fait accueillant avec M" 1" et M. Barbier, ses propriétaires actuels, et si dignes de l'être, car ils veillent avec un soin pieux sur les reliques de la douloureuse épopée.

M. Le Bour'his va évoquer à grands traits la vie extraordinairement romanesque du marquis Armand Tuffin de la Rouerie, sa jeunesse tumultueuse aux gardes du comte d'Artois, ses duels, ses escapades amoureuses coupées par un séjour inattendu à la Trappe, l'influence sur lui de son oncle, ce mauvais sujet déjà mûr, le vicomte de la Bélinaye; son départ pour l'Amérique, au premier coup de canon de l'Indépendance, son naufrage, sa bravoure épique, sa popularité qui éclipse celle de La Fayette. La guerre finie, il s'en revient le dernier, sans autre récompense que la croix de Cincinnatus et son surnom de « colonel Armand », demeuré légendaire en Amérique.

Après ces quatre années d'aventure, il étouffe dans notre civilisation étriquée et cherche vainement un exutoire à son activité.
En 1780, il, entreprend de reconstruire son château, celui que nous avons sous les yeux, mais se lasse vite des joies de la bâtisse et regagne Paris avant qu'elle soit achevée. Enfin, il se décide à tenter l'aventure du mariage, la seule qu'il n'ait pas encore affrontée. Sa femme meurt au bout de quelques mois de ménage ! Il ne renouvellera pas l'expérience.

La Révolution éclate à point pour lui fournir un champ digne de son activité. Beaucoup de nobles émigrent. La Rouerie reste en France; il ne respire librement qu'au milieu du danger. Et voilà qu'il imagine d'arrêter cet incendie, si menaçant pour le pays, par une organisation puissante, qui mettra tout l'Ouest debout le jour où l'armée des Princes entrera à Châlons. Il assaille la Cour de Coblentz de démarches répétées et finit par obtenir de ces prétendants trop lointains, et peut-être trop prudents, les pleins pouvoirs dans l'Ouest. Mais il a eu soin de leur faire promettre, en cas de succès, le respect des libertés bretonnes. Reste à mettre sur pied le gigantesque projet. A force d'énergie et de démarches, il réussit à organiser cet invisible réseau, hiérarchisé en groupes de cantons et de communes, mais dont tous les fils sont dans sa main. Au signal convenu, Bretagne et Normandie se soulèveront, avec toute la puissance de leurs formations solidement encadrées, marcheront sur Paris, grossies de tous les mécontents, et ce sera la fin du gouvernement révolutionnaire, pris entre les deux mâchoires de cette formidable tenaille !

Tel est, son plan. Chimère ! a-t-on dit. C'est le nom que portent dans l'Histoire les tentatives avortées. S'il faut en croire les contemporains, Danton aurait trouvé le projet si peu chimérique qu'il aurait engagé des pourparlers secrets, par l'intermédiaire du traître Chevetel, avec ceux qui pouvaient être les vainqueurs de demain.

On sait le reste : la retraite inexpliquée du maréchal de Brunswick, la longue trahison de l'ignoble Chevetel, la conspiration par lui dévoilée, la tête du marquis mise à prix, sa fuite à travers la Bretagne, sa halte au château de la Guyomarais, la maladie terrassant cet homme de fer, et, suprême pitié de la Providence, pour ne pas lui ravir l'honneur de mourir pour son roi, l'imprudence qui met aux mains du malade un journal relatant l'exécution de Louis XVI. Une congestion cérébrale le foudroie.

Le corps est enseveli la nuit, en grand secret. Mais le traître veille, un domestique parle, le corps est déterré et la tête promenée au bout d'une pique. Puis tout le dossier de la conspiration est découvert dans le jardin de la Fosse-Hingant, en Saint-Coulomb.
Vingt-cinq personnes sont arrêtées, expédiées à Paris, et la conjuration se termine le 18 juin 1793, sur la place de la Révolution, par la chute de douze têtes bretonnes, des femmes et des vieillards parmi des hommes.

Aucune des victimes ne faiblit en présence du sinistre couteau.

Pour secouer la mélancolie qui se dégage de cette évocation tragique, M. et Mme Barbier offrent à leurs visiteurs de faire le tour de la propriété. Avec une parfaite bonne grâce et une érudition très avertie, ils vont nous faire parcourir château, jardin et parc, en les reconstituant tels qu'ils étaient à l'époque de la Rouerie.
Notre première visite est pour le tulipier, frère de celui de la Bélinaye. Ce centenaire vénérable est encore verdoyant et fleuri; mais, déjà, la sève moins forte ne porte plus la vie jusqu'à ses extrémités. Tout à son entour, des cèdres géants, des chênes aux troncs énormes, de prodigieux sapins attestent la fécondité de cette terre privilégiée. Des parterres fleuris courent au long des pelouses et semblent exhaler leurs parfums comme un discret hommage aux ombres tragiques éternellement vivantes en ces allées.

Y fleurit aussi la plus délicate des fleurs : une courtoisie raffinée, à laquelle les visiteurs seront particulièrement sensibles. Elle se matérialisera d'une façon tout à fait agréable, dans la magnifique salle à manger du château, et M. de Châteaubourg saura trouver des mots heureux pour exprimer à nos hôtes notre particulière gratitude.

Alors, seulement, nous osons regarder l'heure totalement oubliée, et c'est la fuite éperdue vers Rennes. Nous ne pourrons nous arrêter, ni à l'église de Tremblay, ni au château de Bellefontaine; le programme, trop généreux, a débordé le cadre des heures.
Ne nous en plaignons pas ; elles ont passé, délicieuses et trop courtes, et cette journée reste de celles que les Grecs eussent inarquées d'un caillou blanc.

F. LE BOUR'HIS.
Source : Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine - 1939 - http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb343832231

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